Spectacle: 10 Novembre au Club Soda
Organisateur: EXO & District 7
Photographe: Marilyse Boulais et Patryk Pigeon
Compte-rendu: Sebastien Léonard
À ma grande surprise, quand j’arrive au Club Soda, il y a un groupe sur scène que je ne connais pas et que je ne savais pas sur l’affiche. Vérification faite, le band en question est montréalais, se nomme
Demise of the Crown et a été rajouté à la dernière minute. Indéniablement, ce sont d’excellents musiciens et leurs compositions sont complexes. Malheureusement, ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions. Le son ne les avantage pas et la musique très progressive aux tempos hyper changeants ne rend pas l’écoute des plus facile. De plus, la voix du chanteur, qui alterne voix grave et chant plus strident, se perd complètement dans le mixte et ce n’est que le bass drum et les gros riffs de guitare qui sont à l’avant-plan. La foule est restée polie et il y a bien quelques amateurs qui s’en sont donné à cœur joie, mais la plupart des spectateurs n’arrivent pas embarquer dans le trip des cinq musiciens. J’ai écouté leur album au complet sur internet (demiseofthecrown.com) et je leur lève mon chapeau pour s’être trouvé un style unique dans le paysage musical québécois. Toutefois, pour reproduire fidèlement ce qu’ils font en studio sur scène, il va leur falloir un sacré bon son.
Je ne connaissais pas non plus le groupe suivant, mais, comme plusieurs dans l’assistance, j’ai eu une sacrée surprise. Si j’acquiesce qu’
Holy Grail a quelque chose d’un peu rétro avec des influences d’
Iron Maiden, Dio, Helloween et d’autres groupes de power metal, leur musique est efficace et drôlement bien exécuté. Et même si je n’ai nommé que des groupes de métal mélodique à titre d’influence,
Holy Grail possède des riffs de guitare qu’aucune formation thrash ne renierait. Même s’il souffre eux aussi d’une mauvaise sonorité, l’ambiance dans le Club Soda vient bien de monter d’un cran. Les cinq gars ont un charisme tout à fait métal old school qui a de quoi plaire aux fans de
HellYeah et le chanteur James-Paul Luna n’hésite pas à encourager le public. Vraiment à mettre dans ma liste de band à découvrir.
C’est vrai, nous sommes au mois de novembre, c’est le movember, il est donc normal de voir débarquer sur le stage un chanteur moustachu. Mais non, c’est Max Lemire et sa bande de
Dance Laury Dance et il porte la moustache à longueur d'année. Et ce n’est pas pour soutenir une cause si ce n’est que celle du Rock n’ Roll sale. Voilà, la fête est pognée dans la place, car s’il ne faut pas prendre la formation de Québec trop au sérieux, s’il y a bien une chose qu’eux prennent au sérieux c’est bien la musique rock. Sous les airs de leurs anthems aux filles, au sexe, au party et à la musique, les cinq gars ne manquent pas d’énergie et ils livrent la marchandise. J’ai beau trouver qu’ils ont quelque chose d’une grosse joke un peu caricaturale, chaque fois que je les vois, ils savent mettre la foule de leur côté. Tout à leur avantage, le son, sans être merveilleusement bon, est meilleur qu’avec les deux formations précédentes. Et comme toujours, les amateurs montréalais réagissent toujours bien quand ils se font parler en français.
Nous voilà déjà bien chauds (dans les deux sens du terme) pour continuer le party avec
HellYeah. Au grand plaisir de la foule, c’est Vinnie Paul du haut de son drum surélevé qui vient nous saluer le premier. Moi, qui ne va pas hésiter à mettre leur dernier disque
Band of Brother dans le haut de mon top 10 annuel, je suis déjà vendu dès les premières notes de
War In Me. Sans être parfait, le son est bon. Les musiciens sont souriants contents et heureux d’être devant nous. À ce moment même, je me demande bien pourquoi la salle n’est pas plus pleine. Le deuxième n’est même pas ouvert et l'on n’est pas trop tassé sur le parterre. Heureusement, ceux qui se sont déplacés tripent solide. À l’instar de ceux qui ont joué précédemment, il y a quelque chose de festif dans la musique d’
Hellyeah. Leur heavy/rock est peut-être quelquefois un peu facile, mais, tant sur album que sur les planches, il est foutrement efficace. Sans compter que le chanteur Chad Gray est charismatique et sait mettre la foule dans sa poche. Il nous flatte un peu dans le sens du poil en nous répétant constamment à quel point il aime Montréal, mais qui n’aime pas ça se faire dire qu’on l’aime. L’idée derrière la formation du combo était peut-être de mettre ensemble des membres de
Pantera, Damageplan, Mudvayne et
Nothingface, aujourd’hui il forme un groupe à part entière. La chimie et le plaisir de jouer ensemble sont palpables et contagieux. Sous les riffs et les mélodies de
Drink Drank Drunk, Cowboy Way, Matter Of Time, Rage/Burn, Stampede, You Wouldn’t Know, Band Of Brothers et
Call It Like I See It j’ai eu du fun comme longtemps j’en avais eu. J’aurais bien pris un show plus long et un rappel de plus de deux morceaux (
Alcohaulin’ Ass et
Hellyeah), mais chaque bonne chose à une fin.
